jeudi 21 mai 2015

5. La crise

Xeton avait promis de détruire ma vie et c'est ce qu'il fit.
Depuis son irruption dans ma vie, tout a commencé à aller de travers pour moi

Je croyais qu'il allait me faire passer en justice pour antisémitisme comme ils ont l'habitude de le faire. je commençais a faire mes prières, me mettre en règle avec le bon dieu, régler mes dettes, régler mes comptes, classer mes affaires, écrire chaque soir un testament que je déchirais le lendemain , mais rien ne venait .
Mon niveau d'angoisse était a son paroxysme et je somatisais allègrement : des boutons et douloureux poussaient comme des champignons sur tout mon corps notamment les bras. Mais rien  ne venait . Non convocation de la police ou tout autre instance de nos lointains cousins. J'ai peur même d'écrire leur nom alors que c'est la certitude d'être sous leur joug et contrôle qui me donne paradoxalement la force et le courage de les dénoncer
Rien ne venait donc sinon une crise au sein du couple et des scène , des conflits interminables de plus en plus violents, de plus en plus fréquents.
Le climat familial était devenu exécrable et j'avais de plus en plus de peine à avancer dans ma vie, gérer le quotidien

Profitant d'une accalmie et d'un instant de douceur , décidais de me confier a mon mari pour solliciter son aide et le prévenir du danger qui désormais planait sur nos tête
--tu sais , j'ai insulté un juif un jour et je les ai désormais sur le dos. Ils sont après moi. Ils veulent ma tête, dis-je timidement.
--Quoi !!! mon mari explosa de rire en se moquant de moi, insinuant que j'étais bien trop insignifiante pour que les juifs s'intéressent  moi. Ce genre d'histoire on ne les voit qu'à la télé. Ca arrive pas aux gens comme nous , Nous nous tenions tranquilles , pépères, de  bons et pauvres parents qui faisaient profil bas, ne cherchaient pas les histoires, avaient peur de leur ombre

Je compris qu'il était inutile d'insister et décidai de ne pas lui parler ni de collier , ni de prophétie et encore moins d'une opération qu'on m'aurait faite a mon insu dont j'avais pourtant la trace sur mon corps ( un fanenstiel)

La vie continua donc avec son lots de problèmes , de colère de mon mari que je ne reconnaissais plus et moi, apeurée, terrifiée, ne savant a quel saint me vouer , somatisant tous les jours un peu plus , et des adolescents en proie a un désir d'affirmation qui luttaient pour la liberté avec un grand L, les principes un grand P , etc...

Mon mari devenait de plus incompréhensible , irrationnel. Il semblait me hair, ne pouvait plus me supporter , même pas me voir en portrait . Tout en moi l'agaçait jusqu'au son de mon voix.Il semblait envouté, comme si on lui avait jeté un sort. Et d'ailleurs j'ai soupçonné la voisine marocaine de l'avoir fait . Ma belle mère et sa soeur pensaient de même.

A bout de résistance physique et psychique en proie au désarroi le plus total, voyant ma vie s'écrouler, l'avenir me filer entre les mains, j'en perdis le sommeil et passait des nuits blanches jusqu'à l'aube. C'est ainsi qu'une de ces nuits d'angoisse , à la nausée , je me levais pour boire de l'eau , je vomis et glissais dans mon vomi, me casse la poignet. Double fracture.
Je dormais dans le salon. Entendant le bruit, mon mari descendit les escaliers et me trouva affalée dans la salle de bain me tordant de douleur. Il me donna un calmant  et m'emmena le lendemain matin a l'hôpital ou je fus opérée d'urgence

La convalescence dura une année , difficile, douloureuse et mes problèmes de couples s'aggravaient.
Au seuil de la psychose, j'ai eu des bouffées délirantes ou je croyais que même mon mari était un démon de méché avec Xeton. Cela m'a voulu un séjour a l'asile , a 2 reprises d'ou j'en suis sortie au bout de quelques jours car j'étais rentrée de plein gré
A mon retour , il en était fini de mon couple et de mon mariage
Mon mari ne tarda pas a demander le divorce. On a liquidé les biens entre nous et nous sommes séparés en gardant les enfants avec moi. L'ainé était entré en dépression.